dimanche 17 janvier 2010
Les clefs sont dans le nid
En cas d’absence, les clefs sont dans le nid.
"Qui a bien pu fabriquer ça, au beau milieu d’une forêt, en altitude, inaccessible au commun des mortels, ce n’est pas une œuvre d’art, rien ne l’indique, un affût pour attendre les cerfs, une cabane pour enfants géants, un balcon en forêt ?" Un nid pour quoi faire, Olivier Cadiot*.
Ce blog n’est pas un blog littéraire, c’est celui d’une littéraire, ne pas confondre.
Il y a quelques années un ami me poussait déjà à lancer un blog (un blog, ça se lance ?), me précisant que les sujets qui marchaient le mieux (les sujets, ça marche ?) étaient : le sexe, les voyages et les photos. Plus récemment, un autre ami m’enjoignait de même : il faut qu’on sache ce que tu fais, tu n’as qu’à ouvrir un blog (un blog, ça s’ouvre ?) professionnel, présentant tes activités. Devinez qui j’ai écouté ?
Arrivée à ce point, je cherche une, des étiquettes. Aucune de celles dont je dispose ne semble vouloir adhérer totalement. Il faut que je m’y colle cependant. Étiquette « écrivain » ou « auteur » par exemple : vous voulez provoquer un regard amusé dans une rédaction ? Dites que vous avez écrit un livre. Ou deux. Précisez que ce ne sont pas des romans, qu’on n’aille pas imaginer des choses. Vous apprendrez dans la minute qui suit votre aveu qu’écrire pour la presse n’est pas écrire un livre. En vous confiant un petit papier puis de gros dossiers, on vous signifie qu’on veut quand même bien de vous comme « journaliste ». Mais gare à la prose ! Et si un rédacteur en chef laisse tomber « c’est très livresque », c’est une sentence pas un compliment. Vous préférez un regard soupçonneux dans une soirée littéraire ? Annoncez que vous êtes journaliste. Prête à vous griller dans une agence de communication ? Osez une accroche digne d’un slogan publicitaire.Zut ! Ça ne se fait pas ? Fi ! Valse de l’étiquette.
Faire simple, expliquer ce qu’on fait et pour qui — bien garder en tête que dire ce qu’on fait n’est pas dire qui l’on est — et offrir son lot d’étiquettes à ceux qui en ont besoin, ils les collent efficacement, eux, au moins.
Et le personal branding dans tout ça, le personal branding, hein, qu’est-ce qu’il devient ? Du papier mâché, voilà ce qu’il devient dans ma bouche, y laissant un goût insipide, dès que j’y pense et que je tente de le formuler.
Revenons au nid, là sont les clefs.
* "une idée très confortable, dormir en rond, ça doit être reposant, circuit oiseau au-dessus, bien installé au fond, en boule, avec le temps, ça donne des plumes, un jour je reviendrai dinosaure, se dit l’habitant du nid, tranquille, bien lové dans son enveloppe reptilienne, duvet néandertal, couleur blanche, on admire le paysage, accès illimité à cosmos, bravo. […] Je ne suis pas enfermé dans un seul corps, à mono-histoire, je suis tribolé, spiralé, je m’enroule à la ligne de nerfs sur le flanc des poissons."
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Sophie,
RépondreSupprimerMieux vaut qui sait, sans étiquette bien figée, "[enroulée] à la ligne des nerfs sur le flanc des poissons", plutôt qu'éteinte ou presque, comme poisson sur le flanc (un poisson sur le flanc, ça ne marche pas, ça ne se lance pas, ça ne s'ouvre pas) ?
A bientôt, cordialement,
Francis.
Merci pour votre lecture, Francis, à laquelle "marche, se lance, s'ouvre" n'ont pas échappé :-)
RépondreSupprimerA bientôt.
Alors l'essentiel est là :"le blog d'une littéraire" ;-)
RépondreSupprimerSans doute même si "littéraire mais pas que" ;-) Bonne soirée Fadhila et merci pour votre lecture.
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