mardi 5 janvier 2010
Pour quoi faire ?
Ce blog pour quoi faire ? Je le savais, je le savais, écrire ici exige de moi, en plus du temps et de l’énergie, une discipline à laquelle je suis rebelle. Réaction au bruit ambiant du Web, au flot continu de mots, pour certains, des informations, des conseils, de l’actualité, pour d’autres, des réflexions personnelles, des humeurs, des émois, pour d'autres encore, des trésors inclassables… C’est vaste le Web, il y a de la place pour tous et pour tout. Alors pourquoi ne pas installer ici un îlot de calme, un peu de vide et de silence, à remplir et rompre ?
C’est plein de possibles le vide et le silence.
Possible que j’aie écrit ailleurs le temps qu’a duré le silence. Là par exemple, lors de mon expédition à la conférence LeWeb en décembre dernier, il y a une éternité donc. Depuis, combien de pages sur le sujet ont alimenté la blogosphère ? J’ai pour ma part préféré laisser en suspens la poussière, celle dont les yeux s’égayent en la regardant flotter dans un rayon de soleil. La poussière, tant qu’elle ne touche pas terre, c’est de l’or.
Pourtant, rien de poussiéreux à LeWeb (au LeWeb, at LeWeb, au LeWeb ? Doux Jésus, quel massacre de la langue, quel saccage des oreilles…), assurément : des personnalités de la planète branchée-connectée-innovante, des start-up dont des perles, des sélectionnées se rêvant lauréates de la Start-up Competition , des vainqueurs cuvée 2007, une majesté, des révolutionnaires en puissance, des conférences à foison, menées tambour battant, des sujets instillant dans la techno des réflexions sur les usages, glissant dans les tuyaux un peu de chair et de sang. Rien de poussiéreux donc et une formidable expérience pour moi que de passer de ma bulle d’écriture personnelle (refuge, autre ailleurs, invisible) à la bulle Internet — instructive excursion à bien des points de vue pour la vraie fausse Candide que je suis.
Instructive et dynamisante car, plus que les sujets, la qualité des intervenants, de l’organisation, plus que l’ambiance festive, c’est l’énergie qui se dégage de LeWeb qui m’a frappée, cette énergie si bien décrite par Jacques Froissant dans son bilan de l’événement. Et c’est sur la nature de cette énergie que j’ai voulu m’arrêter car, sans que je sache expliquer pourquoi, elle m’en rappelait une autre. Une énergie venue d’un territoire que l’on jugera — peut-être, rapidement — étranger à celui dont il est question depuis quelques lignes. Ce territoire, pluriel, c’est celui du handicap. Je garde de la découverte de quelques uns de ses arpents le souvenir d’une énergie similaire à celle ressentie at au @ LeWeb. Une énergie qui dit qu’il y a tant à inventer ou à réinventer, car si la passion évoquée par Jacques Froissant est une des sources de l’énergie, l’invention, avec ses tâtonnements, ses trébuchements, ses fulgurances, en est une autre.
Web, handicap, c’est un tantinet poil à gratter mais je maintiens, web, handicap, énergies voisines : d’un côté, des technos qui repoussent toujours plus loin les limites de l’imagination pour savoir qu’en faire, de l’autre, des obstacles, qui, pour être surmontés, en demandent autant à l’imagination (et pas qu’à elle). De part et d’autre, des formes d’inconnu, avec lesquelles composer, qui obligent à contourner, à tracer d’autres routes, à ne pas s’arrêter à l’existant limitant.
Notez que l’invention n’est pas un système propriétaire, pas question de la cantonner à ces deux univers.
Web, handicap, je persiste : d’un côté la recherche de toujours plus de rapidité, de l’autre un ralentissement imposé, au milieu, la possibilité d’autres tempi histoire de bousculer le phrasé des discours dominants. Introduire la possibilité d’autres rythmes, réhabiliter la lenteur, retrouver le goût de s’attarder, de se taire.
Ce blog pour quoi faire ? Pas de réponse figée. Aujourd’hui, détournement de sujet, la faute aux pensées qui s’égrènent, à la poussière qui scintille, refuse de se poser, vadrouille entre deux sujets qui m’intéressent, en apparence aux antipodes. Seulement en apparence.
Lecteur, j’espère ne pas t’avoir dérouté. Si c’est le cas, n'aies crainte, tu n’es pas perdu pour autant !
Et si je te souhaitais une belle et heureuse année ? Voilà, c’est fait.
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Poussière d'or dont tu as parsemé mon esprit, le temps de ces très belles lignes légères et profondes. Alchimiste de mes pensées,je reste, éveilleuse de conscience, tu es-
RépondreSupprimerMerci Pascale. Tu es, je suis, nous sommes et restons... :)
RépondreSupprimerJe suis d'accord avec toi, intituler un événement LeWeb, c'est assez nul pour être remarqué.
RépondreSupprimerSinon, garde bien ton idée de saisir le temps qui passe, de le polir avec tes mots et de l'afficher ensuite dans ton blog pour que les passants accourent, attirés par son éclat.
Thierry, merci :)
RépondreSupprimerBonsoir Sophie, merci pour ce blog plein de sens ! J'en profite pour vous souhaiter également - ainsi qu'à vos lecteurs - une très bonne année 2010.
RépondreSupprimerPierre
Bonjour,
RépondreSupprimerNous nous sommes croisés sur Facebook via je ne sais plus quel "ami" d'"ami" et je suivrai vos interventions sur ce blog, attentif à l'écriture, à la littérature, aux sciences humaines et à leurs déclinaisons dans les organisations, ainsi qu'à d'autres pôles d'intérêt.
Bien cordialement à vous,
Francis Bismuth
Bravo Sophie. Je serai un de vos plus fidèles lecteurs. Je vous embrasse
RépondreSupprimerMerci pour cette lecture agréable, Sophie. Et encore une fois, meilleurs voeux pour 2010 ;-)
RépondreSupprimerC.
Pierre, Francis (je vous ai bien reconnu), Claude, Cédric, merci à vous aussi, ça fait plaisir tous ces commentaires et lectures !
RépondreSupprimerBonsoir Sophie et les vous autres,
RépondreSupprimerY-a-t-il sur ce blog le moyen d'être alerté de vos nouveaux "posts" ainsi que des commentaires de chacun ? Je n'ai pas trouvé.
Bien cordialement à la the blogueuse et aux commentateurs,
FB.
PS : et ne peut-on enregistrer un mot de passe définitif permettant de poster, sans prouver à chaque fois que l'on n'est pas un "robot" ?
En devenant membre, Francis, vous êtes alerté des nouveaux posts (option en bas de la colonne de droite de cette page), mais je ne crois que cela vous permette d'être prévenu des nouveaux commentaires. Quant à la "lutte anti-robot", elle est volontaire, vous devez saisir les mots qui prouvent que vous n'en êtes pas un à chaque commentaire... désolée :)
RépondreSupprimerBonne journée !
Merci. Bonne seconde partie de journée,
RépondreSupprimerFrancis.
@francis : au pire, vous pouvez (comme moi d'ailleurs) utiliser le flux RSS du blog, pour être informé des nouveaux billets publiés. Peut-être une motivation pour vous faire utiliser un client RSS, si vous n'en avez pas déjà ? ;-)
RépondreSupprimerMeci Cédric ; j'ai idée de ce à quoi servent ces flux RSS mais n'en suis pas encore familier, et j'évite de mander mon fils, des fois qu'il m'envoie nouvellement chsuier (adolite normalus).
RépondreSupprimerJ'allais écrire ici à notre hôte Sophie : "c'est quand que vous nous postez un autre écrit?"
Bonjour à chacune et chacun, merci encore Cédric (de votre bienvenue compassion :-))
Ah, Francis, il va falloir être patient avec moi... Les idées galopent dans ma tête mais pas du tout le temps de les écrire actuellement. En tout cas, merci pour votre impatience :)
RépondreSupprimerlecture bien agréable, merci de partager :)
RépondreSupprimerfrancis, le flux RSS est ici.
Merci Sophie, merci Mathias ; à bientôt.
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